La p’tite histoire des grands sites : Cordes sur Ciel, que de mystères !


Vous connaissez Cordes sur Ciel ? Cette belle bastide du Tarn, grand site Midi-Pyrénées, fourmille de légendes, de mystères et de « on-dit » cachés dans ses pierres. Visite guidée de la « patrie des alchimistes », également paradis pour riches marchands du Moyen Age, et rebelle cathare.

Elle se signale de loin au voyageur déjà ébloui : Cordes sur Ciel la bien nommée, enroulée là-haut sur la crête rocheuse du Puech de Mordagne. Ce concentré d’architecture gothique est l’une des plus anciennes bastides de la région. Elle fut fondée en 1222 par le comte de Toulouse pour être élue, 792 ans plus tard, « Village préféré des Français » (c’était en 2014).
On pourrait aussi lui décerner le titre de « Cité mystère » tant elle recèle de légendes et d’histoires incroyables, vraies ou à demi-vraies : partir sur leurs traces est un moyen très plaisant de découvrir le patrimoine exceptionnel de ce village, et vous aurez plein de choses à raconter en chemin à vos enfants.

Vous êtes prêts ? Suivez-moi, le parcours commence place de la Bride.

1- La Place de la Bride : elle vous offre un vaste panorama au nord, sur la vallée du Cérou. Vous êtes quasiment au sommet du Puech de Mordagne. Pourtant ce n’est pas là que devait être bâtie Cordes sur Ciel. Le comte de Toulouse avait choisi une colline voisine, le Puech Gaubel. Las, le chantier fut un désastre, les murs démolis chaque nuit par un esprit malin. Exaspéré, un ouvrier lança au loin sa truelle, puis la rechercha en vain. C’est un berger qui retrouva l’outil sur … le Puech de Mordagne. Signe du ciel, de toute évidence ! C’est donc ce sommet qui fut choisi pour l’édification de la nouvelle cité.

place_bride

La place de la Bride et son beau panorama sur la vallée du Cérou

Traversez la place de la Bride dans sa longueur, en direction des belles façades. En haut des marches, faites halte devant la maison Prunet.

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La maison Prunet, où fut découvert un mystérieux recueil d’oracles du XIIIème siècle

2-La maison Prunet : en 1866, son nouveau propriétaire, monsieur Prunet, y fit des travaux et découvrit dans un mur un curieux manuscrit. Son étude révéla qu’il s’agissait d’un recueil d’oracles du XIIIème siècle, comprenant 57 sentences, chacune étant reliée à un fil de couleur. Pour consulter l’oracle, il suffisait de choisir un fil qui pendait, et d’interpréter selon ses préoccupations du moment la sentence correspondante. Par exemple : « Tu dis que tu as peur ; ton ennemi tombera et tu seras meilleur ». Ce document est conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris. Vous pourrez en voir une reproduction au musée Charles Portal de Cordes sur Ciel.
Prenez à droite la Grande Rue jusqu’à la place de la Halle, où vous trouverez le puits le plus profond, peut-être, de la région.

3- Le puits de la halle : sa profondeur exceptionnelle a toujours intrigué. Après de multiples explorations, on ne la connaîtra précisément qu’en 1955 : ce puits est profond de 113,47 mètres ! La légende, qui n’en peut-être pas une, raconte qu’en 1233 les Cordais se seraient révoltés contre les Inquisiteurs : ils en auraient jeté trois au fond du puits. A l’époque, Cordes sur Ciel soutenait en effet les Cathares contre le Pape et le roi de France, et subissait à ce titre l’inquisition.

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Plaisir de se perdre dans les ruelles de Cordes sur Ciel qui épousent les pentes du Puech de Mordagne

Presque en face du puits, prenez la petite rue des Rampes et zigzaguez avec elle jusqu’au mur qui surplombe le Jardin Royal.

4- Le Jardin Royal : figurez-vous que dans ce jardin, un couple d’amants mourut de ne pouvoir se séparer. La dame habitait à l’ouest de Cordes, et le monsieur à l’est. Faisant chacun la moitié du trajet, ils se rencontraient au Jardin Royal. Puis le monsieur raccompagnait la dame, puis celle-ci raccompagnait son amoureux et ainsi de suite, d’est en ouest, tant et si bien qu’un jour, épuisés, ils s’éteignirent ici.
Quittez le Jardin Royal par la gauche et empruntez la rue Chaude (où les gentes dames du Moyen Age vivaient de leurs charmes). Passez sous la porte des Ormeaux et tournez à droite dans la Grand Rue, où vous pourrez admirer la maison du Grand Ecuyer.

5- La maison du Grand Ecuyer : sa façade est ornée de sculptures extrêmement raffinées et étranges. Une femme ailée aux pattes palmées, des animaux, un violoniste, un homme à pattes de chien puis le même à pattes de lion, etc : ces sculptures qui nous semblent hermétiques forment un tout et sont placées dans un ordre voulu. Selon l’hypothèse la plus répandue, il s’agit d’une symbolique de l’alchimie, qui est transmutation des métaux vils en métaux précieux, mais aussi transformation de l’homme-plomb en homme-or. De là à penser que nous sommes devant la demeure d’un maître alchimiste …

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La maison du Grand Veneur, exemplaire de l’architecture gothique de la cité, avec ses sculptures « codées »

6- La maison du Grand Veneur : elle aussi située dans la Grand Rue, elle fut construite par le descendant d’une famille cathare. Certains de ses ancêtres ont péri sur le bûcher et sa maison porte des sculptures qui racontent, de façon cachée, la chasse aux Cathares (personnifiés par des visages effrayés). Cette persécution fut menée par les Dominicains qui se nommaient eux-mêmes « les chiens du Seigneur ». Voyez la scène de chasse, sculptée sur la façade, à la lumière de cette explication : les chiens (les Dominicains) poursuivent le cathare qui détient selon lui la vraie spiritualité (le sanglier) et va parvenir à l’arbre de la connaissance (le pommier). Le chien-inquisiteur a perdu la trace du Christ (le cerf) et s’arrête langue pendante.

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L’église Saint-Michel qui abriterait un (ou plusieurs?) fantômes de chevaliers …

7- L’église Saint-Michel : cette église, face à la maison du Grand Veneur, a fait l’objet de plusieurs campagnes de construction entre les XIIIème et XVème siècles. On raconte qu’un seigneur des environs, devenu cathare, est enterré debout dans le contrefort plaqué contre la tourelle du clocher. On raconte aussi qu’un autre chevalier serait enterré sous les dalles de la nef et se réveille certains soirs pour aller parler aux dames, la nuit. A moins que ce ne soit le même chevalier ?

Allez savoir … et surtout, allez voir ! A Cordes sur Ciel, l’imagination traverse les siècles et les légendes deviennent des vérités, ciselées dans le grès ocre, beige, mauve de la magnifique cité aux ruelles pentues.


Côté Pratique 

> Pour télécharger le plan de Cordes sur Ciel, cliquez ici.

plan_cordes_sur_ciel

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Cordes sur ciel au moment des Fêtes du Grand Fauconnier (mi-juillet)

> Pour en savoir plus sur Cordes sur Ciel, grand site de Midi-Pyrénées : www.tourisme-midi-pyrenees.com

> Pour organiser votre visite ou votre séjour
– Office de Tourisme de Cordes sur Ciel : www.cordessurciel.fr
– Comité Départemental du Tourisme du Tarn : www.tourisme-tarn.com

 

 

 

 

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